De réferences
en décadences
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La tragédie
de certains vieillards est de sombrer dans le cynisme et de ne plus
occuper le terme de leur existence qu'à saccager les idéaux auxquels
ils avaient pu croire en traitant leur entourage comme on traite avec
désespoir les témoins d'une trop longue supercherie. C'est peut-être
dans cette optique que De Gaulle avait dit que la vieillesse est un
naufrage, comme si le Dieu des Chrétiens avait pu vouloir que sa porte
étroite soit infranchissable.
Il est sans nul doute rassurant pour beaucoup de votants d'apprendre
que De Gaulle soit accompagné sous l'auréolé de la gloire, selon Le
Pen, de Vercingétorix et de Saint Louis.
Je m'étais demandé naïvement, jeune, pourquoi nous n'avions jamais milité
auprès de gens prospères ou plus exactement pourquoi des gens prospères
- je veux dire abondamment riches - n'avaient jamais milité à nos côtés
ni aux côtés d'aucune cause dissidente et dangereuse de l'Histoire.
C'est simplement que la prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle
les hommes inférieurs ne résistent jamais. Et un homme supérieur ne
peut pas rechercher la prospérité, sinon celle de la gloire qui n'a
jamais été électorale, celle des siens ou encore la gloire étemelle
qui est justement le contraire de la gloire électorale.
La prospérité contient un autre maléfice: Cet amour de la provocation
pour rien. Le prurit du scandale auprès des siens.
L'injure aux morts, l'offense aux survivants, aux mutilés. Le ricanement
la face des trahis, le dédain et la moue hautaine pour ceux qui s'étaient
imaginé que ...Déjà , la masse des thuriféraires de naissance qui avaient
savamment expliqué naguère qu'un point de détail est en réalité l'essentiel
d'un sujet, entreprennent sans vergogne et avec entrain d'expliquer
aujourd'hui qu'il est objectivement impossible de contester cette évidence
que Charles De Gaulle a été un personnage important de notre Histoire.
Or un faussaire de l'Histoire n'est pas quelqu'un qui conteste un fait
et qui ne rencontre que des hérétiques de la pensée unique pour répondre
manu militari à ses recherches et à ses conclusions. Un faussaire de
l'Histoire n'est pas celui qui ordonne de faire taire Galilée. C'est
au contraire celui qui emprunte Galilée pour expliquer ensuite que Galilée
voulait dire le contraire de ce qu'il disait. Le faussaire de l'Histoire
c'est Olivier Guichard qui a soutenu que le programme d'une Algérie
Française impliquait un programme qui serait le meilleur pour l'Algérie
et que ce programme le meilleur aboutissait une Algérie algérienne.
Ici, nous sommes dans le raisonnement de Satan qui dit oui pour dire
non et qui non pour dire oui.
Vercingétorix est nommé au lieu de Jules César, lequel fonde le socle
de la civilisation et de l'intégration communautaire et impériale. La
leçon en a été douloureuse, le mariage gall( romain ne s'est pas conclu
en ui jour et déjà, avant Soissons, li vaisselle se brisa souvent entre
le couple génial. César n'est pas 1e personnage d'une résistance héroïque,
touchante et confit dans le destin tribal. Il est le fon dateur d'un
monde élargi, debou et ouvert. Il est même sans le savoir le préparateur
de la chrétienté.
Saint Louis est nommé ai lieu de Biaise Pascal dont je laiss< ici le
génie scientifique de côt< pour ne retenir, si j'ose dire, qu< l'intelligence
universelle qu accomplit déjà la réforrm intérieure de l'homrm évangélique
en le responsabilisan intimement dans un tête à tête plus actuel que
jamais avec le Dieu d'amour personnel.
De Gaulle est nommé ai lieu de Charles Martel alors que c'est bien le
prince du palais qu prend en mains ses responsabilité face aux rois
fainéants, non point pour trucider et pour embastille des Français,
des généraux, de amiraux, un maréchal, non pour pour lever l'étendard
de la divi sion et de la haine en bradait l'Empire et en se proclamant
rc nu d'un royaume livré à la phra sologie et la magie mais pou administrer
l'envahisseur la pré mière raclée monumentale dont il y a hautement
lieu de se souvent puisque c'est à Poitiers pour 1a première fois que
les compagnon de Charles Martel furent appel des Européens !
Charles Martel dont faudrait marteler chaque jour 1e nom à nos enfants
et à nos petits enfants, faute d'en rappeler le prénom puisqu'il est
devenu celui du malheur français, le malheur d'hier autant que le malheur
d'aujourd'hui au point que par l'effet d'une sourde malédiction dont
le Menteur de Colombey aurait le secret, il parvient subvertir, pervertir
le discours de celui qui fonda, avec nous, l'unique Mouvement politique
enraciné, si j'ose dire, dans le terreau des tombes toujours fraîches
du 26 Mars, du 7 Juin, du 5 Juillet, du 6 Juillet et du 11 Mars. Un
martyrologe qui pourrait continuer longtemps ...
On peut imaginer que nos ennemis sont en train de faire des gorges chaudes
et nous jeter désormais la figure que c'est bien eux qui avaient raison
depuis le commencement puisque c'est au nom de son amour pour De Gaulle
que Monsieur Sarkozy a déployé la force contre nous le 5 Juillet à Marignane
l'an dernier. C'est au nom de leur amour et de leur admiration pour
le même qu'ils nous ont combattu et affront depuis si longtemps.
Quelle caution inattendue apporte la Ligue des Droits de l'Homme et
au Obédiences qui réclament la destruction de nos stèles et l'accélération
d'un processus d'intégration dont les chiffres qui croissent pendant
que d'autres diminuent sont de nature à nous faire mieux comprendre
désormais qui est sens intégrer l'autre ...
Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde. En lisant
le discours au Mur des Fédérés de Monsieur Pappalardo du GO et qui n'a
rien de papelard, nous pourrions croire en modifiant simplement les
noms que c'est notre ami Collin ou l'un des siens qui rend hommage aux
Commandos Delta. Mais c'est des Communards que parle Monsieur Pappalardo
et il parle bien de la Commune de Paris qui fut une révolte violente,
meurtrière et anti gouvernementale, précisément les adjectifs que les
amis de Monsieur Pappalardo, de Monsieur Sarkozy et que les admirateurs
de Charles De Gaulle invoquent contre les combattants de la «Commune
d'Alger» pour revendiquer contre eux la félonie et la honte.
A cet instant il est intéressant de noter que la «Ligue du Droit des
Français à disposer de leur Mémoire», si elle parvient à faire taire
les incohérents et les accapareurs de l'Histoire au tribunal, demandera
à Monsieur le Juge de comparer les situations et les rôles respectifs
des protagonistes de l'insurrection de la Commune de Paris contre Thiers
et de l'insurrection du peuple français d'Algérie contre De Gaulle.
Force sera de constater que Monsieur Thiers n'avait rien promis aux
Communards, surtout pas le contraire de ce qu'il leur offrit et que
par ailleurs les exilés de la Commune purent retrouver dix ans plus
tard leur ville, leurs maisons et leurs cimetières. Et si Dame Fortune,
en leur tant offerte, ne put calmer leur douleur, du moins leur mémoire
et leur honneur trouvent-ils chaque année des gens en France pour les
honorer, pour les célébrer. Cette célébration constitue même comme le
pilier fondateur de la philosophie du prêt penser moderne.
C'est contre cette iniquité que nous nous insurgeons et c'est pour sa
réparation que nous réclamons la justice de trancher. Que la Justice
nous dise enfinpourquoi le valeureux Colonel Louis Rossel mérite les
honneurs qui sont refusés au valeureux Lieutenant Degueidre, pourquoi
le Fort de Satory serait comme la préfiguration du" Mont Valérien, pourquoi
les Forts de Vincennes et d'Ivry seraient rayer des mémoires et pourquoi
sur les 35000 Communes que compte la France, le million de Français
d'Algérie spoliés, les 35.000 d'entre eux assassins et les 150.000 harkis
dépecés vivants n'auraient pas droit à deux concessions - c'est le cas
de le dire - au fond de deux cimetières de deux de ces Communes ?
Je terminerai ce message en pensant avec tristesse au cynisme qui a
dicté les noms des trois hommes que la mémoire française pourrait citer
prioritairement, non plus en leur opposant le reflet de trois autres
cités en relief de ceux-là mais en fouillant l'imagination de leur «inventeur»
nouveau.
Vercingétorix est un vaincu qui meurt dans l'ergastule romain et son
destin n'est pas réjouissant, autant dans son vain combat à réunir des
frères incapables de faire cause commune que dans sa défaite programmée
face l'ordre romain et la discipline de la civilisation.
Saint Louis et ce n'est que mon avis avait à choisir entre être roi
ou être saint et il ne parait ni réaliste ni souhaitable pour un peuple
que son roi soit un saint. Il est mort de la peste à Tunis. C'est le
Christ en personne qui affirme que le Chrétien se doit de laisser les
morts (vivants) enterrer les morts (morts). La première croisade, comme
le premier pèlerinage commence et finit toujours par le combat intérieur.
Enfin, le dernier des trois. Depuis les profondeurs je clame ma misère
...
Crédit:VITUS
Pieds -Noirs d'hier et d'aujourd'hui - N
° 147 DECEMBRE 2006
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