La
bataille décisive contre les extrémistes islamiques ne se joue pas en
Irak, mais en Europe. Ce n'est pas à Bagdad mais dans des villes comme
Anvers en Belgique, que l'avenir de l'Occident se décidera.
J'ai récemment rencontré Marij Uijt den Bogaard, une femme de 49 ans qui mérite l'appui de l'Amérique, au moins autant que le Président irakien Jalal Talabani et le premier ministre Nouri al-Maliki. Mme Uijt den Bogaard était fonctionnaire à Anvers dans les années 90 ; elle a travaillé de nombreuses années dans les banlieues d'Anvers peuplées d'immigrés. Là, elle a observé comment les islamistes radicaux s'y prenaient pour prendre le contrôle de la zone. «Ils mettent en œuvre un plan bien défini» raconte-t-elle Mme Uijt den Bogaard avait l'habitude d'aider les immigrés dans leurs démarches pour obtenir des documents administratifs. C'est pour cela qu'un petit nombre d'eux lui a accordé leur confiance. Il y a environ trois ans, de jeunes hommes habillés en noir s'introduisirent dans les banlieues. Ils avaient été formés en Arabie Saoudite et en Jordanie et étaient des adeptes du salafisme, une variété radicale de l'Islam. Ils mirent en place des organisations de jeunesse, et prirent graduellement le contrôle des mosquées locales. Pour Mme Uijt den Bogaard, «les salafistes savent débattre et ils connaissent le Coran par cœur, à la différence des personnes d'âge mur qui géraient ces mosquées... De plus, ils ont de l'argent ... l'un d'entre eux m'a dit qu'ils avaient des fonds saoudiens». Parce qu'ils maîtrisent l'art de la parole, les radicaux deviennent rapidement les porte- parole officiels de la communauté musulmane, et les interlocuteurs des autorités de ville. Mme Uijt den Bogaard fut le témoin de la façon dont ces dernières cédèrent aux exigences des salafistes, comme les plages horaires réservées aux femmes musulmanes dans les piscines municipales. Des immigrés inquiets de cette dérive racontèrent à Mme Uijt den Bogaard ce qui était en train de se passer. Sur la base de leurs témoignages et de ses propres observations, elle rédigea des notes (confidentielles) à l'attention des autorités de ville sur la montée du radicalisme. C'est ce qui la mit en conflit, aussi bien avec les islamistes qu'avec ses employeurs municipaux.
La ville l'avertit que ses notes n'étaient pas acceptables, qu'elles
ressemblaient aux pamphlets de «Vlaams Belang» (le Vlaams Belang est
le parti antiimmigrés d'Anvers) et qu'elle devrait «changer d'attitude.»
Les islamistes sentirent qu'elle avait été désapprouvée. Ils ont pu
également recevoir des informations parce des musulmans travaillent
dans l'administration de la ville. Un jour, alors qu'elle était accompagnée
de son supérieur, elle fut attaquée par un jeune musulman. Son supérieur
refusa de s'en mêler. Quand par la suite elle l'interrogea sur son attitude,
il dit qu'elle était responsable de l'animosité qui se manifestait à
son endroit.À la fin elle fut licenciée. Elle est sans emploi à l'heure actuelle et elle est écartée chaque fois qu'elle fait acte de candidature pour un autre emploi de fonctionnaire. La semaine dernière, elle a appris que les autorités de la ville ont confié le poste de l'intégration, qui supervise les 25 mosquées d'Anvers, à l'un des radicaux salafistes. En attendant, ces derniers l'ont menacée des représailles si elle continuait à s'exprimer publiquement. Après sa révocation, Mme Uijt den Bogaard est allée voir Monica Deconinck, une responsable politique socialiste du service social de la ville d'Anvers, poinlui parler de la situation difficile des femmes musulmanes. Mme. Deconinck lui dit : «vous avez pris votre travail trop au sérieux et voulu le faire trop bien», ajoutant qu'elle ne pouvait pas l'aider, bien qu'elle ait de la sympathie pour elle. Mme Uijt den Bogaard est aussi allée voir les responsables politiques démocrates-chrétiens et libéraux. Ils ont également refusé de l'aider parce qu'ils gèrent la ville dans une coalition avec les socialistes. Le seul parti d'opposition dans la ville est le Vlaams Belang. Selon Mme Uijt den Bogaard, si les socialistes, qui dirigent la ville permettent aux islamistes de faire ce qu'ils veulent c'est parce qu'ils veulent obtenir les voix musulmanes, qui sont de plus en plus sous la coupe des salafistes, lesquels sont en train de prendre le contrôle des mosquées. Dans une lettre aux autorités de la ville elle a écrit : «Vous employez des personnels pour accroître la cohésion sociale dans les banlieues de la ville. Mais si vous ne voulez pas savoir ce qui est préjudiciable à la cohésion sociale, il n'est pas nécessaire d'y envoyer ces personnels !... Les employés qui sont confrontés à ce problème [ de radicalisme musulman ] et qui en prennent la mesure sont silencieusement écartés, et perdent à la fois leur revenu et leur réputation. C'est une censure sur le mode des dictatures politiques. Comme ancien personnel de vos services, je suis choquée de me trouver moi-même dans cette situation et de découvrir après des années de service que vous n^avez pas de ligne de conduite, que ce soit au plan politique ou à l'égard de votre personnel.»
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