DEPUIS LES PROCÈS intentés à Toulouse aux
misérables acteurs de l'ignoble défilé dit de la
« Sainte-Capote », les lecteurs anciens de La Griffe
savent ce qu'il en est du groupe appelé « Sœurs de la
perpétuelle indulgence ».
Pour les nouveaux, rappelons qu'il s'agit de personnages
travestis, maquillés, fardés, portant des déguisements de
religieuses en cornette, souvent ouverts sur la nudité de
leurs postérieurs comme on le voit dans des photos des
manifestations d'exhibitionnisme appelées « Gay Pride ».
Ce groupe serait tout simplement pitoyable s'il n'était
doublement provocateur de mépris et de haine, et si de
surcroît il ne se livrait à une abjecte escroquerie.
D'une part en effet, car largement filmé et médiatisé, il
donne des personnes d'affectivité homosexuelle la plus
misérable et provocatrice image, insupportable à la plupart
d'entre eux. Beaucoup d'homosexuels que l'exhibitionnisme révulse ont en effet exprimé leur hostilité à ces
mascarades qui ne peuvent manquer d'attirer contre elles le
sarcasme et le mépris de beaucoup, mais aussi chez
certains, notamment dans les populations islamiques, une
aversion totale qui s'est déjà traduite par des actes de
violence.
Ces misérables travestis injurient l'œuvre immense de
charité au long des siècles, et de sacrifice, des religieuses
chrétiennes dont un nombre incalculable a connu le martyr,
par exemple en 1793, à Béthune et à Orange où des « sans-
culottes » ivres de haine antichrétienne les conduisaient à
l'échafaud.
Ils ne méritent pas davantage d'indulgence lorsqu'ils
prétendent cyniquement lutter contre le sida, avec leur
grotesque carnaval. Là ils offensent tous ceux qui œuvrent
efficacement contre cette maladie. Ils injurient les
religieuses qui en Inde ou en Afrique mènent, dans le
véritable secours aux malades et aux pauvres, une vie d'une
héroïque abnégation sacrificielle.
Au mois d'août, à l'annonce d'une telle provocation à
Biarritz, l'évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, a jugé de
son devoir d'écrire courtoisement un courrier privé au maire
de cette ville afin de lui demander d'intervenir pour
empêcher cette offense faite aux chrétiens. Et nous, nous
ajouterions aussi l'offense faite au bon goût et
particulièrement, ici, à la tradition basque de la fête et de la
gaieté dont on n'apprécie vraiment pas la confiscation de
vocabulaire par la triste idéologie dite « gay ».
Hélas, le maire Didier Borotra, dans un parfait réflexe de
laïcisme bayrouistique, lui a répondu publiquement avec
une violence de sans-culotte rappelant la haine de ceux qui
en 1793 déportaient les populations des villages basques les
plus insoumis (Ascain, Aïnoha, Sare) et faisaient guillotiner
à Sare la petite Madeleine Larralde pour son crime d'amour
du Christ.
Il écrit notamment : « Monseigneur, je ne peux vous
cacher que j'ai eu honte à la lecture de votre lettre du
18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la
République. C'est dommage. En tant qu'homme politique,
je ne me mêle jamais des affaires de l'Eglise et je vous
conseille d'en faire autant, concernant les affaires de la
Mairie. Pour le reste, nous n'avons pas la même conception
de la liberté... »
C'est pourtant la conception de la liberté du maire
Borotra qui semble bien étrange. Comme si la liberté
consistait en la provocation antichrétienne sans limite !
Car la loi antiraciste assimile bien la provocation
antireligieuse à du racisme. Or cette loi souffre une
insupportable exception de fait. Car on imagine facilement
ce que susciteraient des provocations anti-musulmanes ou
anti-juives semblables à celles que nous dénonçons contre
les chrétiens. Mais la religion et les valeurs de ces derniers
n'ont droit à aucun respect. Contre eux, tout semble
possible : pornographie blasphématoire, injures et provocation à la haine en tous genres. Les lois de la République
chères à M. Borotra semblent vraiment souffrir une
application à géométrie variable.
Par ailleurs, comment ose-t-il confondre les « affaires de
la mairie » dont on ne voit pas comment l'évêque s'en serait
mêlé avec une manifestation publique de haine que tout
citoyen a le droit de réprouver ?
L'attitude du maire de Biarritz n'est donc hélas qu'un
exemple parmi d'autres de l'acceptation du racisme
antichrétien qui se manifeste un peu partout sous différentes
formes et sous différents prétextes. Ainsi à Paris, ville de
tous les bruits et de toutes les fureurs, de tous les
débordements, de toutes les nuisances sonores et autres, la
municipalité Delanoë a-t-elle osé interdire sur une place de
Montmartre un concert de musique chrétienne.
Cette extrême variabilité de « l'antiracisme » peut
sembler incohérente. Hélas, elle obéit à une certaine
logique... idéologique. Cette idéologie est celle de la haine
la plus totalement nihiliste de l'ordre naturel.
Elle culmine aujourd'hui avec ce que l'on appelle
l'idéologie du « genre » que notre ami Yves Daoudal a
remarquablement étudiée. Désormais, les sociétés ne
devraient plus reposer sur le fondement de la famille, sur la
distinction et la complémentarité de l'homme et de la
femme, sur les réalités du masculin et du féminin. Cela doit
céder la place à la notion « d'orientation sexuelle »
débouchant sur une nouvelle catégorisation de l'être humain
en toutes sortes de genres tels que : « hétérosexuel mâle »,
« bi-sexuel femelle », tout cela selon le vocabulaire des
lobbies de l'impérialisme homosexuel « LGTB » : lesbienne,
gay, trans, bi, indécis.
L'objectif est clair : l'élimination par des minorités de
sexualités particulières de la reconnaissance de la sexualité
humaine naturelle qu'ils désignent comme
« hétérosexualité », c'est-à-dire un genre possible parmi
d'autres. L'idéologie du genre entend aussi supprimer la
distinction naturelle des deux genres de l'être humain : le
masculin et le féminin.
Dans cette dérive, gageons que l'on verra bientôt surgir
l'exaltation du genre « hermaphrodite ». Et c'est ainsi que,
au train où vont les choses, l'on qualifiera de raciste le fait
d'affirmer que tout de même l'état normal de l'harmonie
humaine est la naissance et l'éducation du petit enfant dans
une famille, avec une maman et un papa, vocabulaire
suscitant bien sûr la dérision des tenants du nouvel ordre
sexuel tels que les soi-disant « Sœurs de la perpétuelle
indulgence » dont la République selon Borotra doit protéger
l'orientation dans la provocation et l'injure.
Mais, disons-le, cela n'est pas désespérant. Face à la
culture du laid et du faux, à la culture de mort que pratiquent
misérablement de tels groupes, la vie, le beau, le bon, le vrai
reprendront toujours le dessus. Et pour cela, et pour le beau
pays basque, nous avons la certitude de la prière de la petite
Madeleine Larralde. La méchanceté des sans-culottes de la
révolution-inversion ne l'emportera jamais définitivement.
Car il y aura toujours des saints et des héros pour
proclamer comme le Libanais Béchir Gémayel dans son
dernier discours avant son assassinat : «... Nous voulons
rester présents pour que les cloches de nos églises
continuent à sonner pour nos joies et pour nos peines. Pour
la liberté de baptiser, pratiquer et conserver nos traditions,
nos croyances, nos pensées comme bon nous semble. Pour
revendiquer notre christianisme dans le monde entier, même
là où il n'en reste que le nom et quelques symboles. »
Le beau pays basque méritait un évêque courageux pour
dire non à la laideur et nous encourager dans le même
combat que celui de Madeleine Larralde et de Béchir
Gémayel : c'est la liberté de faire toujours sonner les cloches
de l'invincible espérance.
Bernard Antony
extrait de lettre de l'AGRIF